La Méthode Weinstein appliquée aux marchés financiers contemporains

L’objectif de la présente étude est de chercher à déterminer si les figures chartistes enseignées dans le cadre de l’analyse technique traditionnelle sont encore valables et fiables du point de vue de leur prédictibilité dans la période actuelle des marchés financiers. Principalement basée sur l’étude de l’évolution des prix, qui seraient à la fois la synthèse et la quintessence de toute l’information disponible, cette discipline a montré par le passé des résultats saisissants, grâce à la détection de tendances.

C'était en 1901…

Mais les premières configurations graphiques ont été élaborées (ou tout du moins identifiées) à la fin du XIXème siècle. À ce sujet, Charles Henri DOW (1851-1902) est considéré comme le père de l'analyse technique en occident même s'il est plus connu pour avoir été avec son associé Edward JONES, le co-fondateur, en 1896, du plus célèbre indice boursier du monde, qui porte toujours leur nom : le Dow Jones.

« Une personne qui regarde monter la marée et qui veut savoir exactement jusqu’à quel niveau arrivera la marée plante un bâton dans le sable aux points atteints par les vagues montantes, jusqu’à ce que le bâton atteigne un endroit que les vagues n’arrivent pas à rejoindre et finalement reculent, suffisamment, confirmant que la marée redescend. Cette méthode est fiable pour observer et déterminer le flux et le reflux des marées de la Bourse […] Les vagues des prix, comme celles de la mer, ne reculent pas d’un seul coup quand elles ont atteint leur point le plus élevé. La force qui les met en mouvement contrôle graduellement les arrivées, et il faut donc attendre quelque temps avant de pouvoir affirmer que la marée a vraiment atteint son maximum. » – Charles Dow (1851-1902), article du Wall Street Journal, 1901.

L'intuition de départ de Charles Dow réside donc dans l'identification et le suivi de "tendances". Il s'agit en effet d'acheter les actions qui s'apprécient depuis quelque temps déjà et de vendre (à découvert) celles qui ont commencé à baisser. En effet, dans les deux cas, ces mouvements observés vont se prolonger, un certain temps.

L'analyse technique accréditée par un prix Nobel d’économie

La prolongation (dans la même direction) d'un mouvement initial, c'est ce fameux "effet momentum" observé par Charles Dow et formalisé très exactement cent ans plus tard par des chercheurs en psychologie cognitive comme Daniel Kahneman, à qui fut décerné le prix Nobel d'économie en 2002. Ces chercheurs ont, en effet, pu démontrer mathématiquement qu'un titre qui s'est déjà significativement apprécié en Bourse a tendance à poursuivre sur sa lancée. La hausse entraîne la hausse, etc.

Pareillement, un titre en baisse va continuer à baisser. C'est la raison pour laquelle il ne faut jamais acheter une action qui s'inscrit dans une tendance baissière. L'explication est entièrement psychologique. La tendance grégaire de chaque investisseur (en particulier professionnel) de calquer son comportement sur celui de son voisin explique largement la dynamique de l’effet momentum ("Mes concurrents vendent, donc je vends aussi !", et ainsi de suite…).

Formellement, il en ressort que les rentabilités observées sur les marchés sont positivement auto-corrélées. Pour l’investisseur, cela veut dire qu’acheter une action qui monte, c’est mettre toutes les chances de son côté en profitant de la continuité du mouvement. A l’inverse, acheter une action en pleine baisse, cela revient à jouer contre les statistiques...

Stan Weinstein : la référence en analyse technique traditionnelle

Plus d'un siècle après sa création, la question de la pérennité de l’analyse technique est forcément légitime, et donc pleinement posée. Il s’agit alors de reprendre ici les grands principes de l’analyse technique qui ont été synthétisés et exposés par Stan Weinstein dans son livre Secrets pour gagner en Bourse à la hausse et à la baisse. L'objectif sera d’essayer d'appliquer ces principes à des cas tout récents à la Bourse.

Cette approche empirique nous permettra de confirmer ou d'invalider la véracité et donc l’utilité du recours à cette "science" pour la gestion d'un portefeuille d'actions. Notre étude sera illustrée avec de nombreux cas pratiques. Dans les tout premiers graphiques examinés, on se propose d’analyser la figure chartiste probablement la plus célèbre de l’analyse technique traditionnelle, à savoir, l’épaule-tête-et-épaule.